Burn-out : bientôt reconnu comme une maladie professionnelle ?

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Les députés demandent le classement du burn-out en maladie professionnelle

Une trentaine de parlementaires a lancé un appel pour que le burn-out, ou épuisement professionnel, soit reconnu comme une maladie professionnelle, et que les employeurs en assument la charge financière.

L’épuisement au travail : une question majeure du XXIe siècle

Dans une tribune, publiée le 07 décembre 2014, une trentaine de députés ont plaidé pour que le burn-out soit reconnu comme une maladie professionnelle par la Sécurité sociale et en appellent à « une action énergique du gouvernement sur ce sujet central ». Généralement appelé burn-out, l’épuisement professionnel se caractérise selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Menée par Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne, la mobilisation rassemble des élus de gauche qui estiment que « le burn-out est en train de devenir une question majeure dans notre société du XXIe siècle ». Ils estiment que puisqu’il est lié au travail, le burn-out doit être à la charge de ceux qui en sont responsables, c’est-à-dire les employeurs.

Un coût de 1 milliard par an pour la Sécurité Sociale

Environ 3,2 millions d’actifs risquent un burn-out. Actuellement, les congés maladies et les temps partiels thérapeutiques dûs à des situations d’épuisement sont financés par le régime général de la Sécurité sociale et coûtent chaque année plus de 1 milliard d’euros. Les députés veulent mettre fin à cette situation jugée injuste en transférant ces remboursements sur la branche accident du travail et maladies professionnelles (AT-MP), qui est financée par les cotisations patronales à 97 %. Ils proposent que le tableau des maladies professionnelles intègre deux nouveaux éléments : la dépression suite à un épuisement profond, et le stress post traumatique au travail. Ces changements pourraient se faire soit en négociation avec les partenaires sociaux via les conventions collectives, soit par décision du gouvernement après concertation. Dans leur tribune, les élus insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas de stigmatiser les employeurs, mais de susciter un dialogue social sur l’organisation du travail.